Rue de la Muette 

 (Chanson française). Ce qu'ils en pensent :

 « Télérama »

 

« Il suffit parfois d'une voix, parfois même d'un souffle, pour que le charisme d'un homme vous saute aussitôt aux oreilles et ne vous lâche plus ; Patrick Ochs, chanteur de Rue de la Muette, dégage ce charme-là, envoûtement puissant tout en coups et en bosses ; hauts et bas vertigineux d'un timbre écorché aux profondeurs aspirantes. Ses chants d'amour plus ou moins désespérés et ses coups de gueule de déçu révolté nous entraînent dans leurs valses un peu folles et toujours libérées. Car ici, l'accordéon n'est ni musette ni vraiment réaliste, il devient presque rock, fait écho aux clarinettes tsiganes … »                                             

 

Valérie Lehoux - Télérama n°3047

« Festival Dimey 2014 » :

 

«Rue de la Muette, la danse fascinante de l’ours »

L’interprète Patrick Ochs n’est pas seulement chanteur : il danse les mots, les balances au bout de ses longs bras. Son corps se distord, se tord en une pantomime tragique. C’est une chorégraphie de ses mains, de ses pieds et le public reçoit par brassées son désir de partage. Son corps paraît habillé, habité de cette fantasmagorie fellinienne où s’agitent des vieux tigres blancs, quelques éléphants, quelques vieux ours savants, funambules, clowns. Toute une caravane que la clarinette basse ensorcelle. »  

http://www.nosenchanteurs.eu                                   

Claude Fèvre le 9 mai 2014

Rue de la muette, chansons haut de gamme

 

Il faut parvenir à s’arracher à l’immersion dans ces nouvelles chansons de Patrick Ochs et de ses trois amis, en extraire le suc, dire ce qui palpite là sous la blouse, ce cœur touché au vif. Pourvu que ces mots posés sur d’autres mots, mêlés aux atmosphères sonores, sachent créer l’envie de partager ce monde, cette évasion vers un ailleurs. Car Patrick Ochs, sa voix de rocaille ou de galets ballottés, usés par des flots amers, les

clarinettes, l’accordéon nostalgique, les délicats frôlements de cymbales ou le cajun, vous alpaguent et vous entraînent dans leur sillage. De la première à la treizième chanson ils ne vous lâcheront pas. La traversée est mouvementée, car cette mer là n’est pas d’huile. On a parfois mal à l’humanité qui cherche son chemin, qui « mendie l’amour, toute la vie on espère toujours une vie plus belle…ô vie cruelle ! » (Mendiants), qui s’égare parfois quand elle se résume à « monter, monter l’escalier sans jamais fatiguer, j’ai poussé ceux qui me gênaient, j’suis passé devant, j’ai pensé que je ne tomberais jamais » (Regardez tomber les gens). On a mal à cette humanité qui crie sarévolte quand des millions de gars meurent dans la boue des tranchées (la reprise deLa chanson de Craonne clôt l’album). N’est-elle qu’ombres chinoises, cette vie là? Quand elle nesuit plus cette ombre, qu’on ne peut plus la faire danser, on devient transparent, on reste seul au milieu de la ville, on n’existe plus (troublante Ombre chinoise).Mais ces chansons abordent surtout des rives irréelles, baignées de brume et de nuit, les rives du souvenir (Marvin, ce train arrêté en rase campagne et cette rencontre qui change la

vie – à jamais – ou bien cette apparition de Ray Charles dans un récit très cinématographique : La valse de Ray) à moins que ce ne soit plutôt celles du rêve et surtout du rêve amoureux jamais assouvi : La nuit je mens du regretté Bashung, où le texte lentement égrené, subtilement accompagné par un accordéon langoureux, prend une dimension poétique sublimée, Malaïka, adapté de Fadhili William, « Malaïka ça veut dire mon ange… J’aimerais voler sous tes ailes » ou N’allez pas au bal de la marineoù l’on pourrait apercevoir Delphine Seyrig et Mickaël Londasle valsant « juste avant la guerre, à la lueur des chandeliers» sous le regard de Marguerite Duras. Reste à parler de l’enfance et de ce qui en subsiste en nous, de nous car, dans cet album, elle est là, palpitante. Dans l’Assassinat, récit poignant d’un soir qui peut changer l’Histoire, les enfants apparaissent « affamés », en déroute, semblables aux Effarés de Rimbaud, « ayant de la peine à oublier les chaînes qu’ils venaient de briser. » Dans Petits enfants ils forment un cortège nocturne, un défilé de cirque oublié, métamorphosés souvent en animaux, éléphants, léopards, chimpanzés, jaguars… pendant que « les adultes endormis se reposent des journées de solitude et d’inquiétude. » Mais surtout c’est la valse de Petilou qui met sa note tendre sur le chemin de la course du temps de son grand-père dont il lâche la main, tout comme le tableau que dessine aux couleurs de Marie Laurencin : La vache qu’un garçon était en train de traire. Comme toute fable elle parle aux enfants mais encore plus à l’adulte ! « Chacun mange plus petit que soi »… C’est un bijou cette chanson là. Rue de la muette c’est quinze ans de tournées, cinq albums, tant et tant de scènes, plus de mille. On espère que ces chansons d’Ombres Chinoises, écrites, composées à quatre pendant quatre mois en Dordogne, iront loin, à la rencontre de milliers de regards et de cœurs, portées par les musiciens, surtout par la voix et le corps de l’homme qui danse : Patrick Ochs.

 

Claude FèvreNos Enchanteurs

 

 

Discographie: 

vidéos 

Rue de la Muette- Mendiants vidéo extrait de l'album Ombres Chinoises

Rue de la muette "La Vache qu'un garçon était en train de traire"

Ma mère traîne au café Rue de la Muette-Patrick Ochs live 2008

Patrick Ochs-Rue de la Muette- La java de l'ours dans l'aquarium

Au Hasard Rue de la Muette-Patrick Ochs live 2008

Militants de la base Rue de la Muette-Patrick Ochs Festival Dimey 2014

Les Mauvais Coups Rue de la Muette-Patrick Ochs live 2008

Funambules Rue de la Muette-Patrick Ochs 2013

Rue de la Muette-Patrick Ochs France 3 Aquitaine

Rue de la Muette- Histoires et chansons du grand cirque

Rue de la muette La valse de Ray(Ochs/Karnauch/Puyfagès/Mondy/Jaccard)

Rue de la Muette-Patrick Ochs teaser de notre album Ombres Chinoises

Dame Nature Rue de la Muette-Patrick Ochs live 2008

reprise" les bourgeois" Rue de la Muette-Patrick Ochs

La Danse de L'ours Rue de la Muette-Patrick Ochs live 2008

Assez de Pognon!! Rue de la Muette-Patrick Ochs live 2008

Mon joli Carrosse Rue de la Muette-Patrick Ochs

RUE DE LA MUETTE et BELL OEIL - ALBERT vs

Diaporama sur la chanson " N'allez pas au bal de la Marine" illustrée par Jihel 

Sérigraphies de la vidéo faites par  Jihel 

Paroles : 

Êtes-vous prête? Rendez-vous ce soir avec un bel ange blond

Vous danserez très tard ce soir dans les bras l'un de l'autre

Ce sera beau comme au bal de la Marine juste avant la guerre

Il vous prendra la main pour descendre un escalier de marbre

 

À la lueur des chandeliers la peau paraît si blanche et si belle

Quelques caresses du bout des doigts, quelques promesses éternelles

Vous êtes belle comme au bal de la Marine quand l'orchestre joue La Vie en rose

Il vous dira je t’aime, il pensera, j'ai envie de toi

 

Vous le sentez proche de vous, son souffle dans votre cou

Appuyée sur votre cavalier, vous commencez à vaciller

Reste avec moi au bal de la Marine j'aimerais tant que le temps s'arrête

Vous entendez des bruits de bottes vers la ville. Quelqu’un crie sous la fenêtre

 

C’est moi qui crie ! C’est moi qui appelle ! Réponds-moi mon amour, es-tu là ?

Reviens de suite ! Tant que tu le peux ! Je t'en prie mon amour reviens-moi !

Ne reste pas au bal de la Marine. L'orchestre joue La Valse brune

Tout est si joli au clair de la lune. Les réveils sont  difficiles

 

Qui m'a abattu, jeté dans le fossé ? C’était votre bel ange blond 

Qui vous a dit que je m'étais enfui comme un lâche, un voleur ? Va-t’en de ce pays

N’allez pas au bal de la Marine. L'orchestre joue comme avant la guerre

On vous dira je t'aime, on pensera, j'ai juste envie de toi, alors tais-toi !

 

N’allez pas au bal de la Marine. L’orchestre joue toujours cette sale valse brune

Tout paraît si joli au la clair de lune mais les réveils sont parfois si difficiles

 

Paroles: Patrick Ochs

Musique: Patrick Ochs-Gilles Puyfagès-Vincent Mondy- Éric Jaccard

Monologue: Patrick Ochs 

Grand-Mère J’ai trouvé plusieurs messages dans ma boite mail. J’ai répondu au premier et j’ai détruit tous ceux qui ne m’intéressaient pas. J’ai aussitôt repéré le mail que j’attendais. C’était un type qui prétendait habiter de l’autre côté du monde. Il est quelle heure chez toi, ma chérie ? Moi, j’étais pratiquement sure que c’était un gars du quartier ! Il disait que chez lui il faisait nuit. Il racontait qu’il faisait des études mais qu'il avait été obligé d’arrêter. Heureusement qu’il venait de trouver un job dans un hôtel au bord de la mer. Si tout allait bien, il espérait pouvoir entrer dans une grande école, dans quelques mois, après la rentrée. Je ne savais pas si je devais le croire, si c’était vraiment n’importe quoi ou si je devais m’embarquer dans cette incroyable relation. J’ai regardé la photo qui accompagnait son message. Un jeune homme grand et fin, la peau mate. Ses cheveux bruns étaient coupés courts sur ses tempes, plaqués en arrière sur le sommet du crane, avec du gel ou de la crème solaire. Il portait un tee-shirt Electro-Banana. Il aurait pu ressembler à un surfeur sur les plages californiennes, mais je voyais bien qu’il ne vivait pas en Californie. Il espérait qu’on finirait par se rencontrer chez lui ou chez moi, va savoir ! Un jour ou l’autre. Boire un café noir et épais, un thé à la menthe, un Sprite, une vodka, un Malibu, fumer du hasch. Qui sait ? Ça sera comme tu voudras, comme le destin en décidera, ma chérie ! Je lui ai répondu qu’ici, il avait plu toute la journée depuis dimanche. Une journée banale. Les arbres de la cour commençaient à jaunir. Soudain, j’ai entendu la clé de ma grand-mère qui ferraillait dans la porte en bas. J’ai couru dans l’escalier pour l’aider à rentrer les cartons de provisions qu’elle sortait du coffre de la voiture et qu’elle empilait dans l’entrée. J’ai rangé les boites de conserves dans le placard. J’ai ouvert une boite de pêches au sirop et j’ai bu une gorgée de Sprite à même la bouteille. Grand-Mère a crié : Vas te prendre un verre, ma chérie! Ou te crois-tu ? Puis elle s’est assise dans le salon et brusquement, s’est mise à pleurer. C’était souvent comme ça depuis le départ de mon père. Grand-mère disait ne t'inquiète pas ma chérie ! Il est chez une femme. Il ne va pas tarder à revenir ! Quand elle en aura marre, elle le foutra dehors. Je connais les hommes et je connais les femmes aussi. Mon père était parti, je ne sais pas pourquoi ! il m’avait envoyé plusieurs messages pour me demander de le rejoindre là ou il se trouvait mais je ne lui avais pas encore répondu. Je n’en avais parlé à personne. Changeant de sujet, elle s’est aussitôt mise à rire et à plaisanter. Un homme très bien, l’avait abordée dans la rue: je te dis qu’il m’a dragué ! Il m’a suivie dans la rue. Ça a duré un bon moment avant qu’il ne se décide à m'aborder. Il marchait à côté de moi. Il m’a offert son bras et je me suis abritée sous son parapluie et j’ai senti son corps contre le mien. Il m’a raccompagnée jusqu’à la maison! Incroyable, non ? Je ne savais pas qu’un tel homme pouvait encore exister ! Grand-mère a préparé des légumes, du riz, du poisson. J’ai mangé le riz qu'elle avait mis dans l'assiette mais comme je n’avais pas vraiment faim, j'ai laissé les légumes. J’ai terminé la boite de pêches au sirop puis je suis remontée dans ma chambre pour finir mon travail. Je me suis déshabillée. J’ai pris une douche. Puis je suis restée un moment, comme ça, à me regarder dans le miroir avant d’enfiler le t-shirt que je mettais pour dormir. Puis il y a eu un autre message de mon père. Il me demandait de le rejoindre. Mais il fallait que je prenne tout l'argent qui était caché derrière les draps, dans l’armoire de la chambre de Grand-mère. Après, t’inquiète pas, après on sera ensemble ! Les choses finiront par s’arranger! Je lui ai répondu j’aimerai bien lui parler parce que je ne comprenais pas ce qu’il attendait de moi ! Je me suis couchée au fond de mon lit, les yeux grands ouverts. Je me suis endormie en rêvant que j’étais nue dans les bras du jeune homme qui m’avait déshabillée lentement et ses lèvres effleuraient mes lèvres et mon corps. J’ai été réveillée vers trois heures du matin. J’ai rallumé l’ordinateur. Pas de réponse de mon père. Mais le type qui vivait de l’autre côté du monde m’expliquait qu’il habitait chez des amis. Il aurait préféré être avec moi! Prendre la voiture et se tirer au bord de la mer. Camper sur la plage, fumer de l’herbe, boire des coups, faire la fête en écoutant de la bonne musique avec des amis et surtout faire l’amour ! Oui ! Faire l’amour, il n’y avait que ça de bon sous les étoiles, dans la clarté limpide du ciel ! Envoie-moi une photo de toi pour que je puisse t’imaginer dans mes rêves. Le lendemain, quand je me suis levée, Grand-mère était habillée, coiffée et avait presque fini de se maquiller. Elle portait sa robe bleue. Tu as bien dormi ma chérie? Comment vas-tu ? Tu as une drôle de tête ma pauvre petite fille ! On dirait que toi aussi, tu as pleuré toute la nuit. Dépêche-toi. Tu vas être en retard. Je vais te déposer à l’école. Elle me parlait d’une voix que je ne lui connaissais pas. Je repensais au message de mon père. Elle a arrangé devant la glace sa lourde chevelure noire. Dans l’entrée, elle a glissé un billet et quelques pièces dans ma main. Tiens c'est pour toi! Après l’école, tu iras boire un chocolat avec tes amis! Prends ton temps, repose-toi ! Et en rentrant, n’oublie pas d’acheter le pain, ma chérie ! Je l'ai embrassée avant de descendre de sa voiture, en plein milieu de la circulation, à quelques centaines de mètres du lycée. Je lui ai dit que je rentrerai tard, après 18h. Ne m’attends pas ! J’ai enfoncé ma capuche pour protéger mon visage de la pluie et j’ai couru et j’ai couru et j’ai couru. Aujourd’hui, j'allais m’enfuir de chez ma Grand-mère pour rejoindre mon père qui se cachait quelque part ! Je ne savais pas ou il voulait en venir. J'aurai préféré rejoindre l'étudiant avec son t-shirt Electro-Banana, ses mèches brunes plaquées au gel et son air de ne pas y toucher quand il me parlait de son pays de Bisounours qui n’existaient pas où on pouvait boire de la bière sur la plage en faisant griller des saucisses, les doigts de pieds en éventail. S’il était là, je n'aurai plus qu'à me déshabiller ! J’enverrai mes vêtements par-dessus les moulins, je me jetterai contre son torse brulant et les choses me sembleraient plus beaucoup plus faciles. Je suis sortie du bahut vers midi. J’ai traversé la maison et je suis entrée dans ma chambre. J’ai pris mon sac de sport ! J’ai allumé l’ordinateur qui s’est mis à cliqueter. Le temps que les messages chargent, j'ai remonté le couloir et je suis entrée en silence dans la chambre de ma Grand mère. En silence, j’ai ouvert l’armoire et j'ai jeté les draps par terre. Dans le fond, derrière la dernière pile, j'ai trouvé l’argent dont m'avait parlé mon père. En silence, J’ai pris la première liasse de billets puis la seconde, puis la troisième, puis les autres. J’ai tout glissé dans mon sac de sport. Sur le coup, je n'avais pas vu l'homme dans le lit qui faisait l’amour avec ma grand-mère. Elle était sur lui, les yeux clos par le plaisir. Ils ne me semblaient pas se rendre compte de ma présence. Sur la chaise, il y avait un t-shirt Electro-Banana.

 

Patrick Ochs juillet 2015

© 2019 par Patrick Ochs  Photgraphie.

 

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